Le Forum est organisé à l’initiative de monsieur Benoit Lauzon, administrateur de l’Union, maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau et se déroulera le 26 janvier, de 9 h à 15 h, au Palais des congrès de Gatineau.
Le forum réunira des élues, élus, préfètes, préfets et gestionnaires municipaux de plusieurs régions du Québec afin de faire le point sur l’encadrement des activités minières et d’identifier les pistes d’action à prioriser pour resserrer les dispositions en vigueur concernant les territoires incompatibles avec l’activité minière (TIAM).
Depuis plusieurs années, le développement des projets miniers nécessaires à la transition énergétique a eu plusieurs répercussions dans nos régions.
Étant aux premières loges de ces développements miniers, le monde municipal est directement interpellé par les citoyens inquiets, et les élus se sont donc fortement mobilisés pour assurer la protection des territoires, des milieux sensibles et des sources d’eau.
Confrontées à cette situation, les municipalités ont été de plus en plus proactives et ont effectué, avec le gouvernement, de nombreux travaux pour augmenter nos connaissances fines du territoire québécois. Ces travaux ont permis de cibler des secteurs et des ressources en eau qui devraient être protégés en priorité. Une protection qui n’existe cependant pas en ce moment face au secteur minier et à la Loisur les mines.
C’est donc dire qu’au moment où les municipalités protègent ces terrains stratégiques, les minières peuvent creuser juste en dessous de ceux-ci. Une situation particulièrement inquiétante puisque l’eau souterraine permet d’approvisionner près de 90 % du territoire habité et 20 % de la population québécoise.
Nous avons donc entrepris une démarche auprès de nos membres afin d’augmenter l’acceptabilité sociale des développements miniers au Québec, et nous soumettons aujourd’hui plusieurs solutions au gouvernement.
Dans la région, les craintes liées à l’octroi de nombreux claims miniers font du bruit dans la campagne électorale et continuent de prendre de l’ampleur. À tel point que certains y voient le début d’une mobilisation comparable à celle contre les gaz de schiste il y a 10 ans.
« Incompatible avec l’activité minière », peut-on lire en lettres majuscules sur une pancarte représentant une imposante mine à ciel ouvert. À l’entrée de Duhamel, dans le nord-est de l’Outaouais, les nombreuses affiches ne portent pas toutes sur la campagne électorale. Du moins, pas directement…
Creusée dans un pays de montagnes et de lacs, cette petite ville bucolique est au coeur d’une bataille pour freiner l’octroi de claims miniers, des titres d’exploration minière. « Ça pourrait être une question de débat des chefs, affirme avec confiance Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation. C’est très puissant le niveau de mobilisation qu’il y a dans la MRC de Papineau. »
Quand on lui fait remarquer que cela fait penser au combat citoyen contre les gaz de schiste, il y a 10 ans, il rétorque que « c’est pareil ». À l’exception près qu’on a affaire cette fois à un minéral pourvu de vertus environnementales.
La Municipalité régionale de comté (MRC) de Papineau demande au parti qui formera le prochain gouvernement du Québec de faire de la modernisation du régime forestier une priorité afin que l’usine Fortress, à Thurso, dont les cheminées ont cessé de fumer depuis octobre 2019, puisse redémarrer dans les plus brefs délais.
Les maires de la MRC ont fait part de leurs priorités économiques dans le cadre de la campagne électorale, mercredi matin, devant les installations de la papetière située sur la rue Victoria. (...)
Les élus municipaux dans Papineau réclament par ailleurs que le prochain gouvernement impose un moratoire sur les nouveaux claims miniers. Avec l’explosion des nouveaux titres miniers observée dans le sud du Québec depuis 18 mois, la MRC de Papineau exige une refonte de la Loi sur les mines et des règles entourant les Territoires incompatibles avec les activités minières (TIAM).
«Nous ne sommes pas contre l’industrie minière dans la MRC de Papineau. Nous sommes conscients que les besoins de graphite pour la production de batteries pour les voitures électriques sont réels et nécessaires. Cependant, ce dont on veut s’assurer, c’est de bien protéger nos terres agricoles, nos lacs et nos rivières», a souligné M. Lauzon.
La MRC de Papineau croit que Québec doit intervenir immédiatement dans le dossier. L’acceptabilité sociale n’est pas au rendez-vous dans la Petite-Nation et pourtant de l’exploration se fait en ce moment entre Lac-des-Plages et Duhamel, dans le cadre du projet de mine à ciel ouvert de l’entreprise Lomiko Metals.
«Présentement, l’industrie minière dépense des millions pour faire de l’exploration et tantôt on va leur dire ‘‘vous n’êtes pas à la bonne place, il n’y a pas d’acceptabilité sociale, vous devez aller ailleurs’’. Des batteries, ce n’est pas dans 30 ans qu’on en veut. C’est le plus rapidement possible pour l’électrification des transports. Pourquoi on ne travaille pas ensemble avec le gouvernement et qu’on ne leur dit pas [aux minières] d’aller à la bonne place sur notre territoire?»
Maillon important dans la chaine de l’industrie forestière, l’usine Fortress doit rouvrir rapidement, quitte à poursuivre le travail pour trouver une façon de la rendre viable à plus long terme.
C’est un des dossiers importants que le préfet de la MRC de Papineau, Benoit Lauzon, a présentés ce matin dans un point de presse pourtant sur les priorités économiques de la MRC. «L’ensemble de l’industrie forestière est essoufflé. Si on ne règle pas ce dossier rapidement, ce sont d’autres fermetures qu’on va vivre au niveau de l’Outaouais.» (...)
Un autre dossier important pour la MRC de Papineau en lien avec le développement économique est la question des mines. Le préfet a réitéré l’importance pour la MRC de protéger les terres agricoles, les lacs et les rivières. Si le gouvernement permettait les territoires incompatibles avec l’activité minière que la MRC de Papineau demande, il resterait encore plus de 1000 km2 d’espace pour le développement minier, affirme M. Lauzon.
Ce dernier estime que c’est rendre service à tout le monde de travailler en amont. « L’industrie minière dépense des millions $ pour faire de l’exploration. Et tantôt, on va leur dire : vous n’êtes pas à la bonne place, il n’y a pas d’acceptabilité sociale, vous devez aller ailleurs.»
«Des batteries, ce n’est pas dans 30 ans qu’on en veut. C’est le plus rapidement possible. Pourquoi on ne travaille pas ensemble et on ne leur dit pas d’aller tout de suite à la bonne place sur le territoire.»