Voici la nouvelle carte des claims réalisée par le Regroupement de Protection des Lacs de la Petite-Nation. On assiste à une véritable explosion des claims. 202% en Outaouais depuis 18 mois, 404% dans Lanaudière et 79% dans les Laurentides. Le Mont- Tremblant qui est réputé pour ses montagnes le sera bientôt pour ses trous.
Le Regroupement ainsi qu'une grande coalition d'organismes demandent un moratoire immédiat sur tout nouveau claim dans les zones de tourisme et de villégiature, le temps que soient révisés les règles des Territoires incompatibles à l'activité minière.
Les claims miniers explosent dans Lanaudière, en Outaouais et dans les Laurentides, et les prospecteurs affluent dans la région. La demande mondiale croissante pour les minéraux stratégiques y est pour beaucoup, mais aussi la volonté de Québec de les mettre en valeur.
Depuis 18 mois, le nombre de claims miniers – ces titres d'exploration qu’une entreprise achète pour sonder une portion de territoire – a plus que doublé. Le sud-ouest du Québec en compte aujourd'hui 15 413, dont 56 % ont été acquis depuis janvier 2021, selon la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine. Une augmentation 4,9 fois plus rapide qu'ailleurs en province.
Je m'attendais peut-être à une augmentation quelconque, mais pas de cette ampleur-là [...] Ce sont des milieux récréotouristiques avec des milieux naturels sensibles, et ça nous préoccupe beaucoup, dit son co-porte-parole Ugo Lapointe.
C'est quelque chose de préoccupant pour chacun des citoyens et [ils] ne sont pas au courant de ça. Ils n’ont aucune information qu’il peut y avoir derrière chez eux quelques kilomètres de claims, ajoute Louis Saint-Hilaire, qui milite pour le Regroupement de protection des lacs de la Petite Nation, l'organisme qui a réalisé les nouvelles cartes en épluchant les données gouvernementales.
Le gouvernement de François Legault rêve de faire du Québec un acteur de premier plan dans l'électrification des transports. La province regorge de minéraux stratégiques pour la conception des batteries notamment. Mais cette course vient avec un prix et il inquiète de plus en plus dans le sud-ouest du Québec où les titres d'exploration minière ont plus que doublé en 18 mois.
Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier, "Le sous-sol du Québec convoité" sur Téléjournal Montréal / Radio Canada (mercredi 17 août 2022)
Un exploitant minier convoite un gisement de graphite situé en partie dans un parc régional des Laurentides à vocation de conservation et prisé des adeptes de plein air. Des citoyens et des élus s’inquiètent de voir son territoire défiguré par une mine, qui mettrait aussi en péril un projet récréotouristique de 2,5 millions.
« Ce n’est pas à côté du parc : c’est dans le parc », fustige Marie-Claude Provost, directrice du parc régional du Réservoir-Kiamika, situé près de Mont-Laurier.
Elle fait référence au projet Mousseau Ouest : une mine de graphite potentielle d’une superficie de 489 hectares, accessible à partir de la route 117 sur 12 km de chemins forestiers.
L’entreprise ontarienne Northern Graphite veut acheter un lot de claims miniers dans l’intention d’exploiter le précieux minerai.
Une coalition d’organismes et de citoyens inquiets presse Québec de stopper immédiatement l’octroi de permis d’exploration de gisements de graphite et de lithium dans le sud du Québec, qui a explosé dans les 18 derniers mois.
«Il y a actuellement un véritable boom minier qui pourrait transformer le sud du Québec en mines à ciel ouvert, la région de Mont-Tremblant en particulier», lance Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation. Il fait partie de la coalition d’une dizaine d’organismes qui demande, dans une lettre envoyée jeudi au gouvernement, un moratoire sur ces octrois qu’ils jugent «chaotiques, sans planification et sans consultation citoyenne».
Depuis 2016, année d’une réforme de la réglementation sur les droits miniers, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) a octroyé 15 000 «titres miniers d’exploration», ou claims, dont 8400 dans les 18 derniers mois seulement (voir carte).