Le gouvernement de François Legault rêve de faire du Québec un acteur de premier plan dans l'électrification des transports. La province regorge de minéraux stratégiques pour la conception des batteries notamment. Mais cette course vient avec un prix et il inquiète de plus en plus dans le sud-ouest du Québec où les titres d'exploration minière ont plus que doublé en 18 mois.
Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier, "Le sous-sol du Québec convoité" sur Téléjournal Montréal / Radio Canada (mercredi 17 août 2022)
Un exploitant minier convoite un gisement de graphite situé en partie dans un parc régional des Laurentides à vocation de conservation et prisé des adeptes de plein air. Des citoyens et des élus s’inquiètent de voir son territoire défiguré par une mine, qui mettrait aussi en péril un projet récréotouristique de 2,5 millions.
« Ce n’est pas à côté du parc : c’est dans le parc », fustige Marie-Claude Provost, directrice du parc régional du Réservoir-Kiamika, situé près de Mont-Laurier.
Elle fait référence au projet Mousseau Ouest : une mine de graphite potentielle d’une superficie de 489 hectares, accessible à partir de la route 117 sur 12 km de chemins forestiers.
L’entreprise ontarienne Northern Graphite veut acheter un lot de claims miniers dans l’intention d’exploiter le précieux minerai.
Une coalition d’organismes et de citoyens inquiets presse Québec de stopper immédiatement l’octroi de permis d’exploration de gisements de graphite et de lithium dans le sud du Québec, qui a explosé dans les 18 derniers mois.
«Il y a actuellement un véritable boom minier qui pourrait transformer le sud du Québec en mines à ciel ouvert, la région de Mont-Tremblant en particulier», lance Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation. Il fait partie de la coalition d’une dizaine d’organismes qui demande, dans une lettre envoyée jeudi au gouvernement, un moratoire sur ces octrois qu’ils jugent «chaotiques, sans planification et sans consultation citoyenne».
Depuis 2016, année d’une réforme de la réglementation sur les droits miniers, le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) a octroyé 15 000 «titres miniers d’exploration», ou claims, dont 8400 dans les 18 derniers mois seulement (voir carte).
L’historique traversée du lac Simon a eu lieu ce samedi 13 aout 2022. Après 35 ans d’absence, le retour de l’événement a été un succès !
La dernière traversée ayant eu lieu en 1987, c’était une première pour la plupart des organisateurs et aussi des nageurs qui sont venus des quatre coins du Québec pour participer à cette traversée qui se veut sportive et rassembleuse.
« On n’est pas habitué à faire des activités sur l’eau, c’est une première pour beaucoup d’entre nous. On a dû faire face à pas mal de défi évidemment, mais on s’en sort vraiment bien. La traversée s’est vraiment bien passée. Selon les archives, on a réussi à avoir plus ou moins le même nombre de nageurs pour la première épreuve, donc on était content ! Ce qui est important pour nous, c’est l’aspect régional qui était très présent à l’époque, de pouvoir travailler avec les municipalités environnantes, les organismes et les écoles. Puis ce n’est pas juste une traversée, c’est aussi un moment de solidarité, de partage. C’est une vraie force pour la région », lance Éric Desjardins, directeur de l’événement.
Des affiches géantes ont été installées dans plusieurs municipalités de la MRC de Papineau pour signifier le désaccord avec l’activité minière sur le territoire.
Lancée par le Regroupement de Protection des Lacs de la Petite-Nation (RPLPN), cette nouvelle campagne va voir l’apparition de 50 panneaux dans 21 municipalités de la MRC. Les panneaux indiquent que la municipalité est «incompatible à l’activité minière».
«Les règles des TIAM, ce n’est pas sur mesure pour une région comme la nôtre. C’est fait pour le Grand Nord», explique le porte-parole du regroupement, Louis St-Hilaire.
Les Tiam (territoires incompatibles avec l’activité minière), ce sont des emplacements que les MRC peuvent cibler dans leur schéma d’aménagement où il est interdit de faire de l’activité minière. Toutefois, ces emplacements doivent être approuvés par le gouvernement du Québec.